Compte-rendu de la rencontre du 15 juin 2017

Thème de la rencontre : « quelle université sans les personnels BIATSS et ITA ? »

Une trentaine de personnes (Biatss, ITA et enseignants-chercheurs) se sont réunies pour évoquer la situation des personnels de l’UB. Plusieurs prises de paroles successives ont initié la discussion.

  • Etat des lieux de la situation des Biatss

Plusieurs personnels Biatss, syndiqués ou non, évoquent d’abord leur situation, en insistant sur plusieurs points :

– Tout d’abord il faut souligner la grande diversité des statuts qui rend complexe et difficile la compréhension des situations. À côté des titulaires il existe de nombreux précaires et contractuels, d’autant que la nouvelle politique salariale empêche désormais toute cédéisation des personnels.

– En second lieu domine un sentiment de manque de reconnaissance : beaucoup de personnels Biatss et ITA souffrent d’être mal considérés, de ne pas voir leur travail suffisamment valorisé, d’être trop souvent exploités par la hiérarchie, voire même par les enseignants-chercheurs qui agissent parfois en « petits chefs ».

– La carence récurrente de personnels tend à s’accentuer, le fort turn-over empêche la formation réelle, démotive les équipes, contribue à déstructurer les collectifs de travail au profit de modes de gestion individualisés.

– La politique d’austérité et le plan de retour à l’équilibre (PRE) en cours tendent à aggraver la situation : la politique de la gouvernance vise en effet à « professionnaliser » les carrières, c’est-à-dire en réalité à accentuer la spécialisation des tâches via la mise sur pied de plateformes censées rationnaliser le travail et le rendre plus efficace, mais aux dépens de l’intérêt de ce même travail et de la polyvalence des personnels.

Un même constat tend à s’imposer : l’université fonctionne de plus en plus sur la base d’une vision managériale empruntée au secteur privé, aux dépens des spécificités des missions du service public de l’enseignement et de la recherche.

  • Restitution de l’enquête initiée par la Ferc-CGT

Le contexte de ce questionnaire : il s’agit d’une démarche engagée il y a un an environ, au moment de la vague de non-renouvellement des CDD par l’université avant l’été. Le questionnaire a été transmis par email à tous les personnels de l’uB. 175 réponses ont été compilées. Quelques idées forces ressortent :

– La problématique de la reconnaissance des personnels Biatss, soit au travers du salaire (très souvent jugé insuffisant au regard des missions accomplies et/ou du poste occupé, doublé d’un effet pervers concernant les primes), soit au travers des relations avec la hiérarchie. Une distinction est affirmée pour une large majorité : si la relation à la hiérarchie de proximité/proche est en général (mais pas toujours) décrite comme satisfaisante, celle avec les services centraux de l’uB est toujours perçue très négativement. Les personnels ont très souvent l’impression de ne pas exister aux yeux de la « Maison de l’Université ».

– La grande diversité des situations en termes de statuts (titulaires/contractuels, avec la question des primes), de traitement différencié selon les catégories (clivage A+B/C). Les différences se sentent aussi en fonction des lieux géographiques d’exercice du métier, des composantes. Si des différences semblent logiques, le sentiment d’injustice ressort fréquemment en raison de l’absence d’explications claires, de transparence. L’ensemble engendrant un sentiment d’injustice très mal vécu.

– Le mal-être, la souffrance au travail transparaissent dans une très large majorité des réponses. Cela tient à des causes multiples (inégalités, pressions, hiérarchies abusives…), qui semblent alors rapprocher les conditions de travail de l’uB de celles d’une entreprise en général. À ce propos, la stratégie de l’uB est souvent perçue comme un élément de langage marketing/d’attractivité sans être en phase avec des réalités plus complexes. C’est de la « poudre au yeux », d’après un membre du personnel. Les choix faits par la présidence de l’Université sont souvent mis en cause. Dans une réponse il est écrit que les coupes budgétaires ne déterminent pas les politiques menées mais les légitiment.

– En miroir, une large majorité estime que son travail est intéressant, utile pour la communauté. Il est peu question d’envie de partir. Une volonté de progresser, de changer de grade/fonction, dont une partie est certes alimentée par le niveau du salaire, mais une autre par la volonté d’approfondir et de progresser.

– Si le sens du métier semble parfois s’évanouir, le travail produit et l’intérêt des fonctions reviennent fréquemment. Un vrai attachement au poste et à l’uB se dessine ainsi, sans pour autant que le lien avec la notion de service public soit explicitement affirmé. Le cadre d’exercice est jugé favorable par une majorité de répondants.

  • Quelles actions possibles?

Sur la base de ces constats convergents et partagés, la discussion a porté ensuite sur les actions possibles face à une telle situation, et sur les prochaines échéances. Il est nécessaire de résister à l’atomisation des personnels et des causes qui contribuent à la démobilisation et à la paralysie générale actuelle.

Dans cette perspective, deux prochaines échéances sont indiquées :

10 juillet 2017 : ce sera le dernier CA de l’université avant la fin de l’année universitaire, un appel à rassemblement et mobilisation devrait être lancé par certaines organisations syndicales. Un rassemblement est proposé au début du CA (lieu et heure à confirmer), suivi d’un pique-nique à la mi-journée.

5 septembre 2017 : c’est la date de la 7ème Université d’été du Medef-21 organisée sur le campus dijonnais, sur le thème « se souvenir du futur ». Il s’agit d’une véritable privatisation de bâtiments de l’université au bénéfice du patronat local, et sans réel intérêt pour l’établissement, qui accorde en outre 10 000 euros de subvention. En concertation avec les organisations syndicales ainsi que d’autres organisations militantes locales, le collectif « quelle Université voulons-nous » propose de participer à un contre-évènement organisé ce jour-là. Il pourrait s’agir d’une manifestation, d’un rassemblement public, ou d’un contre-évènement scientifique avec des prises de parole… à suivre donc !

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